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Les élections présidentielles russes du 18 mars et la nouvelle guerre froide

Discours dans un cycle de conférences 2018 organisées par la Fondation pour la préservaton du patrimoine russe dans l’Union Européenne. Musee Couvreur, UCL-Woluwe-St-Lambert, le 23 avril 2018

 

par Dr. Gilbert Doctorow

 

Bonsoir Mesdames et messieurs. Merci  de votre présence.

Tout d’abord je voudrais dire un mot sur le déroulement de la conférence.  Je ferai une présentation en deux parties avec une pause pour des questions après chaque partie.

Dans la première partie je vais parler de mon expérience en qualité d’observateur international des élections présidentielles russes le 18 mars. Je faisais partie d’un groupe de 23 personnes envoyées en Crimée. 

J’expliquerai les circonstances de cette délégation: qui sommes nous.  Je placerai notre délégation dans le contexte des 1500 observateurs internationaux qui étaient présents en Russie pour l’événement.  Je détaillerai ce que nous avons vu sur place dans les 10 bureaux de vote que nous avons visité à Yalta, sur la route entre Yalta et la capitale régionale de Simferopol, et dans la capitale même.

Ensuite je parlerai du rapport du contingent avec le plus nombreux d’étrangers, celui de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), quelques 580 personnes divisées en 3 groupes.

Dans la deuxième partie de mon discours, je placerai les élections présidentielles du 18 mars dans le contexte d’évolution de notre Nouvelle Guerre Froide. Je prends un pas en arrière et deux pas en avant. Je reviendrai sur le discours électoral du président Poutine du 1 mars 2018, c’est à dire son discours annuel au parlement russe sur l’état de la nation. Ce qui nous permettra de suivre le fil rouge qui nous amènera jusqu’à les dernières épreuves graves et risquées de cette Guerre Froide le weekend du 14 avril.

Alors, commençons….

C’était un grand privilège de participer comme observateur tout spécialement en Crimée. Comme vous le savez, cette région représente une importance stratégique pour le peuple russe et pour le monde entier.  Les élections là-bas étaient considerées comme un second référendum sur la réunification de la Crimée avec la Russie en 2014. Je rappelle que cette réunification ou annexion, selon le point de vue, est l’élément clé dans la confrontation aujourd’hui entre la Russie et la communauté internationale sous la direction des Etats-Unis.

Pour mieux comprendre l’importance du vote en Crimée, il faut rappeler que la date précise choisie pour les élections partout dans la Fédération de la Russie, le 18 mars, est l’anniversaire de cette unification, c’est-à-dire la culmination du printemps de Crimée 2014, qui a suivi de quelques jours le référendum.  La validité de ce référendum était mis en question à cause des manifestations pro et contre l’unification à l’époque et par la présence massive des soldats russes dans les rues pour maintenir ordre.

Le vote en 2018 s’est passé dans un calme absolu. Ainsi il n’y a pas de réserves à avoir concernant sa validité.  Sauf la possibilité de violations dans les bureaux de vote. Au minimum, le devoir des moniteurs-observateurs était de contrôler cette question très attentivement. Ce que j’ai trouvé sur place constitue mon témoignage.

Les faits

Le taux de participation aux scrutins dans la Crimée était similaire au taux dans toute la Russie – environs 67%. Mais la vote pour Poutine en Crimée – 92% - était beaucoup plus grande en comparaison avec les autres régions:  77% pour Poutine.

Notre groupe de 23 observateurs a passé toute la journée dimanche le 18 mars en visitant 10 bureaux de vote dans l’unité fédérale de Crimée. Encore 20 observateurs étrangers ont visité la deuxième unité fédérale sur le presqu’île, la ville de Sebastopole, base navale russe dans la Mer Noir.

Comme j’ai dit, nous avons démarré à Yalta avec 2 bureaux de vote, visité deux petites village sur la route, et terminé en Simferopole, avec 6 bureaux de vote.

Franchement, l’organisation de notre inspection n’était pas idéale:  l’itinéraire était établi par nos hôtes locaux, et dans plusieurs bureaux nous étions attendus par un équipe des journalistes de télévision et presse local. Un bureau seul était choisi spontanément par notre groupe – dans Simferopol, proche au restaurant où nous avons déjeuné.

Mais ça n’a pas de grand importance. Une fois déposé devant un bureau de vote, nous étions libre d’interroger n’importe qui: les personnes en charge (toutes bénévoles, presque toutes des femmes, des enseignantes, alors que la plupart des bureaux de vote était des écoles secondaires), les représentants des ONG civiques locales surveillant les élections toutes la journée, et, en priorité,  les électeurs mêmes. On n’a pas constaté aucune plainte contre les procédures électorales, aucune manifestation contre les élections, aucune scandale.

Ce qui est d’importance primaire:  pas de foule ni devant les bureaux, ni dans les bureaux de vote.

Il faut rappeller, que dans les élections parliamentaires russes scandaleuses de décembre 2011, on a remarqué beaucoup des violations type “vote carrousel” organisés par les administrations locales ou par les grandes sociétés-employeurs.  En résultat des manifestations anti-gouvernmentales qui suivi ces élections à Moscou et des autres grandes villes, Poutine a changé beaucoup les procédures de vote et l’équipement de bureaux de vote pout rendre impossible ces abus et ainsi calmer l’électorat. 

En effet nous avons trouvé un méchanisme de vote dans chaque bureau impeccable et supérieur a ce qu’on trouve dans la plupart des pays démocratiques, y compris la Belgique.  Je parlerai de tout ceci dans une minute.

 Nous avons regardés comme les votants sont arrivés aux bureau de vote un par un, ou par couple.  Ils se présentaient devant les comptoirs des personnes qui comparaient ses passeports avec les listes des électeurs régistrés dans ce bureau – en général entre 1800 et 2500 enrégistrés par bureau. Ensuite ils ont reçu le bulletin de vote, l’apporté à une cabine, fermé les rideaux, coché la case du candidat préferé dans une liste de huit. Ensuite on se reporte à la boîte de scrutin plexiglass transparent pour déposer son bulletin.  Dans la moitié des bureaux de votes que nous avons visités, la boîte était traditionelle et le décompte des voix était manuel. On a calculé le temps necessaire pour le dépouillement du scrutin à 2 – 3 heures. Dans l’autre moitié des bureau on a trouvé des boîtes de scrutin  super-modernes:   un appareil électronique sur-imposé prend le bulletin pour le scanner, enregistrer la choix du candidat et déposer le bulletin dans la boîte même.  Ces appareils ne sont pas branchés sur le réseau. Ils sont autonomes et ainsi protégés des cyber-attaques. Ils sont très efficaces, dans le sens que les résultats du scrutin sont connus juste après la fermeture de bureau de vote.  Au même temps, s’il y aura une contestation des résultats, ils gardent les bulletins en papier pour procéder à une décompte manuel. Ce sont des atouts inédits.

Encore il faut remarquer le transparence de la procédure de scrutin pour la population entière.  Dans chaque bureau de vote on nous a montré deux video-caméras d’observation, chacun dirigé vers une pointe critique dans le processus: un sur les comptoirs de vérification d’identité du votant; l’autre dirigé vers les urnes électorales.  Les images des deux caméras sont transmis directement en internet. Ainsi tout citoyen russe peut contrôller en temps réel ce que se passe dans chaque bureau de vote partout dans la Fédération de la Russie s’il le veut.

Encore il faut souligner le respect pour chaque citoyen que nous avons constaté dans les bureaux de vote. Les commissions électorales sur niveau fédérale et local ont mis en oeuvre beaucoup pour assurer participation.  On a remarqué l’installation provisoire des rampes d’accès pour les personnes avec mobilité limitée devant les bàtiments (écoles ou centres administratifs) où rampes permanentes n’existaient pas.

On a remarqué dans chaque bureau de vote le système des boîtes “ambulatoires” scellées et apportées en voiture par des bénévoles qui visitaient les apartements des invalides ou des malades. Ce ne constituait un grand nombre de votes, peut-être 60 dans un districte de 1800 électeurs régistrés, mais comme même…

Finalement, les commissions électorales ont encouragé la participation de la jeunesse.  Chaque nouveau électeur de 18 ans a reçu un diplôme de reconnaissance de la municipalité de son initiative civique.

L’atmosphère devant les bureaux de vote était festive. Des DJs ont assuré le flot de musique populaire. Une melodie était omni-présent:  “La Crimée et la Russie ensemble pour toujours!” Devant un bureau de vote sur le chemin Yalta-Simferopol nous avons vu des adolescents déguisé en animaux pour amuser les petits enfants lors que les parents s’occupaient du scrutin.  Dans un autre bureau de vote, des filles et garçons agés entre 8 et 10 habillés en uniformes militaires ont salué les électeurs arrivant et partant. Dans le même bureau, une fille de huit ans a récité avec bonne maîtrise théâtrale un poème très patriotique, soulignant souvent le refrain “la Russie se lève!” Son père était à ses côtés.

Le jour du scrutin a terminé dans Simferopol sur une note patriotique et populaire. Dans la grande place non loin du bâtiment de la législature plein centre ville des milliers de personnes sont assemblés pour un concert offert qui se terminait par un feu d’artifices. Tout le monde chantait le hymne national russe avec enthousiasme.

Pour nous, les observateurs, le jour de travail a terminé à 20.00 heures, l’heure de fermeture de bureaux de vote, par une conférence de presse télévisée dans le centre administratif de la ville. Avec les quatre autres russophones de notre groupe j’étais invité à faire résumé de notre visite pour une émission en directe. L’émission était aussi enregistré et mis en internet le lendemain. Cette conférence représentait en effet notre rapport. Lundi, le 20 nous avons retourné à Moscou et ensuite mardi on a pris avion pour nos pays respectifs.

Maintenant je m’adresse à la question: qui étions nous, les observateurs internationaux en Crimée, plus généralement en Russie?

La Commission Centrale Electorale à Moscou a préparé lettres d’accréditation pour 1,500 observateurs internationaux . Les nominations étaient avancées par un évantail des organismes: les ONGs russes, la Douma et les institutions internationales. Une partie de monitoring était fait par diplomates des ambassades étrangères qui ont demandé accréditation pour visiter les bureaux de votes et recueillir des informations. Les moniteurs-diplomates évidemment n’a partagé ses rapports qu’avec ses gouvernements réspectifs.

Formellement j’étais invité en Russie par un ONG russe basé à Moscou – la Fondation Russe de la Paix. L’administration était dans les mains d’un organisme établi en Pologne, Le Conseil Européen pour la Démocratie et les Droits de l’homme. Au départ ils ont soumis une liste de 150 candidats-observateurs. Finalement seulement la moitié entre nous ont reçu l’accréditation et des billets d’avion pour Moscou.

Dans mon hotel à Moscou j’ai rencontré avec peut-être 30 ou 40 membres de notre groupe. Entre nous seulement 3 ont reçu la mission en Crimée et une, une député francaise dans le Parlement Européen de l’extrème droite, alliée de Nigel Farage (Brexit) a dû refuser la visite en Crimée et rester à Moscou sous pression de ses camarades dans le parlement.

Et voilà la question qui a influencé beaucoup non seulement qui a participé dans le voyage en Crimée mais qui à accepté l’invitation russe de devenir observateur dans toute autre destination. 

En principe, la Douma a invité tous les députés du Parlement Européen et beaucoup de députés des parlements des Etats-Membres.  Pour raison de la politique anti-russe menés par les partis centristes de gauche et droit, beaucoup des politiciens qui ont finalement accepté de venir étaient de gauche et droit soi-disant “extrème.”

Dans notre contingent de 23 envoyés en Crimée, j’étais le seul américain et un des rares participants qui parle russe courament.  Pour cette raison, j’étais sous les feux des projecteurs, mais en recompense j’avais une opportunité plus grande d’entrer en conversation avec les responsables publics et aussi avec les électeurs.

Le groupe des observateurs en Crimée était très diverse. Des universitaires, chefs de centres d’études ou analystes libres comme moi. Encore d’autres – représentants élus dans les législatures d’Allemagne ou d’Italie. Parmi nous aussi deux personnes d’exception: un assistant du Président de Pakistan et un assistant du Président de Malaysie. Par nationalité je dois mentionner encore un observateur russophone d’Afghanistan et quelques personnes de l’Amerique latin.

Mes collègues en Crimée étaient en générale favorablement disposé envers la Russie. Ainsi la guerre d’information contre la Russie a influencé la composition de corps des observateurs par processus d’ élimination.

Il faut rappeller que pour quelques mois avant le scrutin les médias américains et européens ont mené une campagne féroce pour discrediter les élections. On disait que le processus est “fake” parce que le résultat, la victoire de Vladimir Poutine, était bien évident à l’avance. On disait que la victoire était garantie par l’exclusion de l’opponent le plus critique de Poutine, le blogger et activiste contre la corruption, Alexei Navalny. On disait que la jeune dame qui a remplacé Navalny comme porte-drapeau de l’Opposition, Ksenia Sobchak, est un projet du Kremlin pour ajouter des épices à une élection sans drame et sans vrai contestation.

La conviction anti-Poutine a influencé même le corps des observateurs internationaux le plus autoritaire et professionnel, celui de l’OSCE.

Les 580 accréditations de l’OSCE étaient partagé entre 3 groupes. Un noyau dur de 60 observateurs était envoyé en Russie six semaines avant les élections pour rencontrer avec les commissions électorales des régions, avec les représentants des candidats et des autres interlocateurs pour former une base d’information. Encore 420 observateurs de court-séjour étaient envoyés par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme. Et environ 100 accréditations ont reçu l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, presque tous législateurs dans les pays européens.

L’OSCE n’a pas envoyé personne en Crimée. La mission des Etats-Unis a précisé très clairement la raison en disant que les élections là-bas sont illégitimes. On a accuse les russes d’avoir forcé les citoyens d’Ukraine en Crimée  à participer, et d’avoir commis des abus contre la communauté des tatares de Crimée.

Pour la reste de la Russie, lundi, le 19 mars lors d’une conférence de presse à Moscou l’OSCE a publié  ses conclusions dans une dossier de presse de 2 pages. Le résumé se donne dans la phrase à la tête de page:  “Les élections présidentielles étaient bien administrées, mais on peut les characteriser par réstrictions sur les libertés fondamentales, par manque de vrai compétition.”

Alors on fait distinction entre la conduite du scrutin, qui est admis comme bonne, et la campagne qui l’avait précedé.  On donne des bouquets pour “administration professionelle des élections comme vu par nos équipes sur place le jour du scrutin.”  Meritent éloges les listes des electeurs, les changements de procédures qui ont facilité la vote des personnes en voyage ou situés hors de son place de résidence permanente, une option utilisé par 5.5 million de russes.

Mais le rapport critique la culture politique de la Russie.

“Elections sont une partie critique de la démocratie, mais la démocratie concerne plus que les élections. Pour améliorer l’état réel de la démocratie en Russie il faut pleinement respecter le droit du peuple entre les élections aussi,” disait Marietta Tidei, chef de la delegation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE.  On parle de liberté de réunion, liberté de parole, le

contrôle de l’Etat sur les médias, et l’allocation inégal du temps sur la télévision du Président et de ses rivaux.

Les rémarques les plus condamnantes faites dans le dossier de presse de l’OSCE concerne la régistration des candidats.

C’est bien évident que l’OSCE parle de l’exclusion de Navalny, qui était du début jusqu’à la fin, consideré par les médias de l’Ouest comme le seul vrai adversaire de Vladimir Poutine. Mais cette définition de “vrai” et non fictif opponent est politiquement contentieuse et normalement ce n’est pour les étrangers à faire la détermination.

Je vois quelques problémes graves dans l’analyse negative de l’OSCE qui correspond très bien avec la position préjudiciable des medias américains et européens. Ou par volonté ou par ignorance, les auteurs du rapport OSCE auraient agi comme les port-paroles des candidats libéraux. Ils n’ont pas donné aucune considération aux arguments contraires.  Moi, je le fais maintenant.

Premièrement, je vois ici l’application de deux poids, deux mesures. Il n’est pas juste d’attendre l’ideal de concurrence équitable dans la jeune democratie de Russie quand on le trouve assez rarement dans le Ouest aussi. Je peux nommer la petite Confédération Suisse, pays neutre, comme exemple de pays avec toutes les libertés garanties, avec bon processus de scrutin et campagnes électorales équitables. J’étais prêt à nommer Finlande aussi  - un autre petit pays, relativement homogène, qui reçoit des bonnes notes pour ses institutions démocratiques.  Mais je me souviens de la grande scandale éclaté là-bas il y a deux ans autour de l’abus de nouvellement introduite option de voter via l’internet. Finallement, une député, dirigeante du parti et ancien ministre des affaires étrangères a perdu son mandat à cause de violations de processus de scrutin à distance.  Cela montre qu’on peut trouver des problèmes même dans un jardin d’Eden.

Si on parle de traitement des mouvements d’opposition politique par un parti reignant, les circonstances de suppression aux Etats-Unis de “Occupy Wall Street” se jette dans les yeux. Le mouvement se produisait au milieu du Krach de 2008  et il était sur le point de devenir une force politique majeure quand il était brutalement écrasé par mesures policières et judiciaires. Toutes les droits de réunion et parole garanties par la Constitution américaines étaient violées. Personne ne payait pas un prix pour ces raccourcisements des libertés  qui sont toujours valides dans les decrets et règlements au niveau municipal.

Maintenant la question de dominance de Vladimir Poutine sur la télévision russe résultant de ses activités en qualité de Président et non pas comme participant dans les débats télévises.

Poutine ne participait pas dans les débats. Les observateurs de l’OSCE ne sont pas conscient du fait que Poutine est dominant sur la télé russe 365/365 jours, parce qu’il est un des chefs d’état le plus voyageur et le plus conséquent du monde.Ca serait un grand défi pour tout opponent de faire compétition contre lui. C’est précisement pourquoi Poutine a gagné le support de 80% de la population de Russie dans plusieurs sondages d’opinion durant l’année passée.

On explique sa popularité frappante après 18 ans en pouvoir non seulement par son hyper-activité mais par son hyper-productivité dans l’interêt de la vaste majorité du peuple.  Dans les 18 ans au pouvoir, le PIB national est multiplié plusieurs fois et le salaire réel des gens est augmenté 10 fois. Sous Poutine le taux de pauvreté est coupé en deux. L’espérance de vie des hommes était 57 ans à l’ans 2000; maintenant c’est 72.  On peut ajouter beaucoup des indicateurs objectifs pour démontrer les changements très positifs. Et dans les derniers 4 ans, son gouvernement a restaurè la confiance en soi de la nation, son fierté de sa place dans les premiers rangs des états determinant le cours de l’histoire grâce à son annexion “zero morts” de la Crimée en 2014.  Rappellons qu’en mars 2014 la Russie a exècuté à la perfection une guerre psychologique dans laquelle 20.000 soldats russes de la base navale â Sebostopol ont vaincu une force de 20.000 ukrainens  dans le presqu’île sans tirer des fusils et sans décès. Ensuite on a vu la guerre reussite de la force aérienne russe en Syrie contre l’Etat Islamique de 2015-2017, aussi avec pertes negligeables de personnel.

Finalement, lors de la campagne électorale, dans son discours de 1 mars devant l’assemblée fédérale, le President Poutine a devoilé les nouvelles armes russes – des systèmes stratégiques haute technologie, qu’il dit redonne à la Russie parité nucléaire avec les Etats Unis et même rend inutile les investissements américains des centaines de milliards de dollars pour construire un systeme de bases militaires globales contre les missiles intercontintales russes.  Les autre candidats pour la présidence étaient subitement paralysés.  Je parle de tout cela dans la deuxième partie de mon discours.

Il faut ajouter que réstrictions de libertés de parole et de réunion ne sont pas imposées sans raison. Ils étaient introduites par le Kremlin dans le contexte d’une guerre politique, économique et informationnel contre le pays mené par les pays de l’Ouest avec intensité particulière après la réunification avec la Crimée. 

Avec quel objectif cette guerre? Pour provoquer conflit entre les oligarches et le Président de la Russie…Pour provoquer conflit entre le gouvernement russe et le peuple russe souffrant des sanctions…Pour faire sauter le “regime” Poutine et le remplacer par un gouvernement constitué des liberaux, les héritiers politiques de Yeltsin et les années 90s de si mauvaise reputation à cause de la pénurie générale qu’ils ont cause par ses politiques de transformation vers une économie du marché brutale.  Peu d’importance que tous les partis liberaux préferé par les americains tous ensemble ne compte pas plus de 5% de support des électeurs, comme nous avons appris des sondages et finalement du scrutin du 18 mars. C’est indécent de dénouncer la Russie pour institutions démocratiques imparfaites quand l’effet de pression de l’extérieur est toujours de faire la vie difficile pour les partis en opposition.

Pour les personnes avec des cheveux gris et avec une mémoire de la période Sovietique des années 1960, la situation aujourd’hui dans la Russie et la critique de l’autoritarisme rappelle le problématique, les débats autour la politique de détente: pression dure contre la Union Soviétique sous Leonid Brezhnev a donne en résultat mesures la représsion des dissidents et une augmentation considerable de nombre de détenus politiques.

La Russie aujourd’hui est une société beaucoup plus humaine que l’ancienne Union Soviétique. Mais on fait tort aux opponents de Vladimir Poutine et du parti “la Russie Réunie” d’imposer des sanctions contre personnes et secteurs de l’économie comme font les américains  depuis 2012, quand ils ont introduit la Liste Magnitsky. Le tort est devenue beaucoup plus grave après 2014 avec l’intensification des sanctions et l’élargement de nombre de pays pratiquant les sanctions pour incluire l’Union Europeenne sous le prétexte de l’intervention russe en Ukraine. Néanmoins, pratiquement le pays n’a pas de prisonniers de conscience. Et en ce qui concerne liberté de parole, lors de la campagne électoral, les candidats pouvaient dire en télévision et radio des choses absolument scandaleuses et fausses concernant le gouvernement Poutine sans aucune censure ou pénalité.

Ma conclusion est que dans la discussion des élections presidentielles de 18 mars, tout le monde diffuse la propagande. Mais, en tout cas la mission de monitoring a servi un objectif louable: de tenir les autorites locales sur un pied d’alerte contre les abus et d’encourager la transparence, dans la Crimée et partout dans la Russie. Ca c’est déjà une bonne chose.

                                    PAUSE POUR QUESTIONS – 10/15 MINUTES

On continue….

avec le fil rouge qui commence juste avant les elections presidentielles de 18 mars et continue jusqu’aujourd’hui.

Les dates remarquables, les noeuds sur le fil, sont

Le 1 mars, quand le President Poutine a livré son discours – Manifeste Electorale

Le 4 mars, date d’empoisonnement des Skripals à Salisbury, Royaume Unis.

Le 14 mars – l’expulsion de 23 diplomates russe d’Angleterre pour raison de l’attaque supposé avec Novichok sur les Skripals

Le 18 mars – le scrutin présidential en Russie – très important parce que le taux de participation élevé et le pourcentage de bulletins pour Poutine – quelque 77% - montrent que la population russe est solidement en support de la politique de défense de souveraineté nationale défini par Vladimir Vladimirovitch.

Le 27 mars – annonce de l’expulsion de plus de 100 diplomates russes par les Etats-Unis, les Etats-Membres de l’Union Europeen et des autres pays tiers faisant reference a l’empoisonnement des Skripals

Le 7 avril, l’attaque chimique – par chlore ou sarin- à Douma, Goutha orientale, au moment quand les forces syriens étaient en train d’achever une victoire totale contre les terroristes qui contrôle le territoire depuis 4 ans. Le “régime” de Bashar Assad est accusé d’une frappe mortelle contre la population civile, et la Russie est impliquée.

Le 14 avril, la frappe contre Syrie par les Etats-Unis, la France et Grande Bretagne en utilisant des missiles de croisières lancées des avions et des navires de l’alliance.

J’insiste que tous ces événements sont étroitement liés.  Dans le peu de temps qui reste pour ma présentation ce soir, je fais l’accent sur le discours de Vladimir Poutine le 1 mars, comme point de départ.

L'allocution de Vladimir Poutine devant les deux chambres du parlement bicaméral de Russie le 1er mars a attiré l’attention du monde entier par la derniere partie, dans laquelle le Président russe a évoqué les principaux vecteurs d'armes nucléaires qui se distinguaient par des technologies sans précédent susceptibles de modifier l'équilibre du pouvoir mondial.

Poutine a affirmé que la pleine parité de la Russie avec les États-Unis en matière d'armement stratégique a été restaurée. Le message brutal qu'il a adressé aux États-Unis, à savoir qu'ils doivent abandonner leur tentative d'atteindre une capacité de première frappe pendant 16 ans et s'asseoir pour discuter de la maîtrise des armements. Oui, l'attention immédiate des médias du monde entier s’etait concentre sur cette question même si la lecture initiale était confuse.

Mais il serais une erreur d’ignorer les autres thèmes du discours et le contexte dans lequel il était livré.

Le discours annuel du Président de la Fédération de Russie est prescrit par la Constitution. Il ressemble au discours sur l'état de l'Union aux États-Unis. Normalement, il aurait dû avoir lieu il y a plus d'un mois, et le fait que Poutine l'ait reprogrammée pour cette période critique au milieu de la campagne a soulevé quelques froncements de sourcils. Le chef du parti libéral Yabloko s'est plaint de ce fait même devant la Commission électorale centrale. Cependant, de telles plaintes ont déjà été rejetées auparavant par la directrice de la Commission Ella Pamfilova, car elles n'étaient pas fondées, puisque de tels discours étaient considérés comme "une pratique courante dans de nombreux pays à travers le monde". Fin de citation.

Quoi qu'il en soit, en fait, le discours prononcé par Vladimir Poutine n'était pas un simple résumé des activités du gouvernement au cours de l'année écoulée et une projection à court terme des plans futurs du gouvernement. Le discours a pris beaucoup plus de temps, en remontant à la situation de la Russie lorsque Poutine est entré en fonction pour la première fois en 2000 pour mettre en évidence les réalisations de son administration dans les domaines social, médical, éducatif et autres jusqu'à présent et en se projetant à six ans, à la limite du prochain mandat présidentiel, pour définir dans chaque domaine de l'activité gouvernementale quels sont les principaux objectifs.

C'était également le plus long discours du genre prononcé par Poutine au cours de ses trois mandats présidentiels, dépassant de loin son précédent record d'une heure quarante minutes.  Pour toutes ces raisons, il est tout à fait approprié de considérer son discours comme son programme, ou mieux encore, comme les Britanniques l'appelleraient avec l'accent mis sur la pertinence des processus de réflexion derrière les objectifs énoncés, son "manifeste".

À tous les égards, le discours a été une réponse directe à toutes les critiques que Poutine a reçues lors de sa présidence de ses sept adversaires dans la course présidentielle venant de tous les partis politiques, des nationalistes et des libéraux de droite et communistes de divers labels de gauche. Comparé au premier débat parmi les sept qui a été diffusé sur la chaîne de télévision fédérale Pervy Kanal le matin du 28 février, il laisse tout le champ aux adversaires comme aux tout-petits candidats qui se chamaillent comme dans un jardin d'enfants.

Poutine et ses conseillers savaient très bien, d'après les déclarations de position antérieures des opposants, quelles étaient leurs lignes d'attaque communes et multiples, et son discours était une réponse directe, presque ponctuelle.

A l'exception de Vladimir Jirinovski du LDPR nationaliste, qui soutient essentiellement l'accent mis par Poutine sur une politique étrangère forte et des forces militaires fortes comme sa tâche la plus importante en tant que Président et du libéral Ksenia Sobchak, qui rejette totalement la politique étrangère de Poutine, car elle porte atteinte à l'intérêt de la Russie dans son accommodement avec l'Occident au nom de valeurs partagées et d'une civilisation commune, tous les autres candidats ne s'intéressent pas à la politique étrangère en tant que telle et insistent sur le fait que la meilleure politique étrangère est une bonne politique intérieure. Cela convient aussi très bien à leurs propres talents et expériences, puisque les débats ont rapidement révélé qu'aucun d'entre eux, si ce n'est Jirinovski, n' a d'expérience pertinente dans les affaires internationales.

La position commune de cinq des sept opposants était qu'une bonne politique étrangère n'est possible que pour un État puissant, et qu'un État puissant est le produit d'une économie forte et de personnes prospères. L'un des candidats, Grigory Yavlinsky du parti libéral Yabloko, a résumé le plus efficacement le problème : un pays comme la Russie qui ne représente que 2% du PIB mondial, un pays qui a un PIB et un budget militaire qui ne représente que 10% de ceux des Etats-Unis, ne peut pas être compétitif sur la scène mondiale.

Six des sept opposants à Poutine étaient persuadés que l'électorat n'a pas de questions sur la politique étrangère et militaire, mais il a beaucoup de questions sur les programmes nationaux du gouvernement fédéral, sur la pauvreté, l'insuffisance des soins de santé publique, les mauvaises routes, la corruption et le vol de fonctionnaires, pour ne nommer que les préoccupations les plus saillantes.

C'est pourquoi, dans son allocution à l'Assemblée fédérale, Vladimir Poutine a consacré les deux premiers tiers de son temps sur scène à la politique intérieure, exposant en détail les objectifs spécifiques à atteindre d'ici 2024 dans de nombreux domaines clés de l'activité et du financement du gouvernement fédéral en vue de créer une société prospère, juste et attrayante pour ses membres, qui jouit d'une croissance économique robuste et valorise avant tout le potentiel humain de ses citoyens.

Toutefois, dans le dernier tiers de son discours consacré aux questions militaires, il a fait remarquer que, malgré son PIB encore modeste et en dépit des problèmes démographiques et autres auxquels elle est confrontée, la Russie a réussi à contrer les efforts des États-Unis pour rendre inutile la force nucléaire russe. Depuis que les États-Unis ont abrogé le Traité ABM en 2002, ils s'efforcent d'encercler la Fédération de Russie avec des bases de défense antimissile à double objectif qui, à un moment donné, conféreront aux États-Unis une capacité de première frappe.

Le résultat final serait de refuser à la Russie son argument résiduel pour conserver son siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies et sa place prépondérante dans d'autres instances internationales dérivées de la gloire passée de l'Union soviétique.

Parité restaurée

Dans son discours, M. Poutine a déclaré que la parité nucléaire avec les États-Unis a été rétablie et qu'elle sera indéfiniment viable, compte tenu de l'avance technologique de dix ans que son pays détient maintenant dans le domaine des systèmes d'armes stratégiques tout à fait nouveaux et redoutables qui peuvent vaincre n'importe quel réseau des américains .  La Russie est et sera un État puissant parce qu'elle dispose d'une capacité de défense inégalée qui assure la sécurité physique de ses citoyens, c'est certainement la première responsabilité de tout gouvernement. Une fois que la sécurité physique est assurée, le gouvernement peut créer les infrastructures nécessaires à la réussite de l'économie et de la société civile.  Dans tout cela, Poutine renverse la logique de ses opposants politiques.

La puissance dure de la Russie justifie ses aspirations à une politique étrangère forte. Le parapluie nucléaire russe, qui couvre non seulement la Fédération de Russie mais aussi ses "alliés", sera l'élément d'attraction le plus fort. Selon la manière dont le terme "alliés" est éventuellement défini, il est possible d'imaginer une ligne de candidats "alliés" du monde en développement, en particulier ceux qui cherchent à se protéger contre ce qu'ils considèrent comme des politiques étatsuniennes de brimades et de changement de régime.  La puissance dure de la Russie l'emportera clairement sur la puissance molle, ce que les adversaires de Poutine proposent en grande partie d'utiliser pour mener une politique étrangère active à un moment donné, lorsque le pays sera prospère.

En outre, la puissance dure peut être utilisée pour alimenter l'économie russe comme une source d'innovation qui, nous le verrons plus loin, est la clé de son programme d'accélération du taux de croissance.  Le budget militaire de la Russie a un ratio inhabituellement élevé des achats d'équipement par rapport aux coûts de maintenance et d'exploitation, à savoir 1:1. Les technologies de pointe et les avancées technologiques mondiales dans le domaine des systèmes d'armes peuvent être une source unique de nouveaux matériaux, d'électronique, de logiciels et autres.

Au cours de plusieurs années, le président Poutine a encouragé les entreprises du complexe industriel militaire russe à développer des applications civiles pour leurs percées scientifiques, citant en particulier la nécessité d'imiter les pratiques étatsuniennes. Il a déclaré à la direction du complexe qu'il doit se tourner vers l'économie civile parce que l'État réduira son financement au fur et à mesure qu'il achèvera son programme d'acquisitions immédiates.

Certains commentateurs occidentaux ont dit que la partie défensive de l'allocution de Poutine avait pour but d'éveiller la fierté patriotique de ses compatriotes pour s'assurer un succès dans les isoloirs.  Cependant, je crois que le calcul était plus complexe. Le déploiement d'un nouveau matériel militaire invincible de la sécurité nationale a balayé les arguments spécifiques des adversaires de Poutine dans la course.  Il a balayé tous les arguments du passé selon lesquels lui et ses copains ont volé la richesse nationale : la richesse nationale avait été investie pour sauver la nation de ses concurrents extérieurs devenus des adversaires.

Un autre point de vue qui a été promu parmi certains commentateurs occidentaux est que Poutine a présenté une plate-forme de "d'armes et de pains".  Non, la pensée de plate-forme est plus subtile : on n'obtient du pain que si on a des armes.  Cela s'inscrit dans le droit fil d'un argument avancé par Poutine depuis des années, à savoir que les pays paient inévitablement pour les forces armées; la différence est seulement de savoir s'ils paient pour soutenir leurs propres troupes ou pour rendre hommage, en prenant en charge les coûts des troupes d'autrui qui les dominent.

Il ne fait aucun doute que des considérations électorales ont motivé la décision de présenter maintenant le nouveau matériel de la Russie.  Il y a plusieurs occasions de moment publicitaire au pays où cela aurait pu être fait. La dernière a eu lieu en décembre lors de la conférence de presse annuelle de Poutine.  Ou bien, il aurait pu choisir d'annoncer la nouvelle dans un lieu étranger de grande importance, comme la Conférence de Munich sur la sécurité en février, où Poutine avait d'abord fait des vagues à l'échelle mondiale avec son discours de février 2007.

Le fait que Poutine et ses conseillers aient choisi d'utiliser le discours annuel à l'Assemblée fédérale et de placer ce discours au milieu de la campagne électorale montre que l'intention était de tuer deux oiseaux avec une seule pierre : écraser les candidats à la présidence qui défie son prochain mandat, ne leur laissant pas le temps de formuler des contre-arguments crédibles, et d'avoir accès au très grand contingent de correspondants étrangers qui seraient présents pour son discours annuel au Parlement.

À sa manière, ce discours était aussi important, peut-être plus important que le discours de Poutine à la conférence de Munich sur la sécurité en fevrier 2007, dans lequel il exposait longuement les griefs de la Russie à l’encontre de l'hégémonie mondiale des Etats-Unis établie dans les années1990 aux dépens des intérêts nationaux russes. Ce discours (de 2007) avait marqué un tournant dans les relations américano-russes, nous conduisant à la confrontation extrême d'aujourd'hui. Le discours du 1 mars ne suggère pas le début d'une nouvelle course aux armements, mais sa conclusion avec la victoire russe et la défaite américaine.

 Cependant, plus important encore, les implications de l’intervention de Vladimir Poutine  nous disent que les agences renseignement américains ont paisiblement sommeillé durant les 14 dernières années sinon plus. C’est un scandale national pour le pays de perdre une course aux armements dont il n’était même pas conscient. Des têtes devraient rouler, et le processus devrait commencer par des audiences appropriées au Congrès. Pour des raisons qui ressortiront plus clairement de ce qui suit, l'un des premiers témoins appelés à témoigner devrait être l'ancien vice-président Dick Cheney et l'ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

Dans le passé, une telle révélation d'un si vaste écart de sécurité avec le principal concurrent géopolitique et militaire du pays conduirait à des récriminations politiques furieuses et à des accusations très graves. Ce qui s'est passé jeudi 1er mars est beaucoup plus grave que le “missile gap” de la fin des années 1950 qui a amené Jack Kennedy à la Maison Blanche après une campagne tentant de redonner de la vigueur à la culture politique US pour la réveiller des somnolentes années Eisenhower avec leur complaisance pour les questions de sécurité et bien d’autres.

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De plus, l’annonce dans le discours du 1 mars du déploiement en marche et sur le point de l’être de nouveaux armements russes qui modifient l'équilibre des forces mondiales n’est qu’un cas parmi une série d’autres réalisations remarquables de la Russie au cours des quatre dernières années qui ont toutes surpris les dirigeants américains...

La prise en main de la Crimée par la Russie en février-mars 2014 [...] effectuée sans coup férir [a été une “surprise” pour les USA et pour l’OTAN...]

Puis le Pentagone a été complètement pris par surprise en septembre 2015, lorsque Poutine déclara à l’Assemblée générale des Nations Unies l’envoi d'avions russes en Syrie dès le lendemain pour mettre en place et débuter aussitôt une campagne contre Daesh et en soutien d’Assad. [...] Sur le même théâtre opérationnel, les Russes ont de nouveau “surpris” les Américains en mettant en place un centre de renseignement militaire commun à Bagdad avec l'Irak et l'Iran. Et encore, ils ont “surpris” l'OTAN en envoyant des missions de bombardement sur le théâtre syrien au-dessus de l’Iran et de l'espace aérien irakien après s'être vu refuser les droits de vol dans les Balkans. Avec des milliers de militaires et de diplomates basés en Irak, comment se fait-il que les Etats-Unis ne savaient rien des accords que les Russes négociaient avec les dirigeants irakiens ?

Le portail belge dedefensa.org, qui a traduit en francais le texte que je viens de vous lire, de mon article du 2 mars intitule “Missile-Gate” a bien choisi un autre titre “Le Big Sleep” c’est à dire, le grand sommeil de la CIA les derniers 14 ans en ce qui concerne la Russie, ses capacités et potentiel militaire.

Alors quel était l’effet de l’allocution de Poutine le 1 mars sur les médias en Amérique?  La première réaction

était de nier complètement la vérité des propos russes, l’existence des armes techologiquement si avancés. C’est un bluff. C’est le mensonge de campagne électorale pour gagner des votes, pas plus.

Mais des autres personnes de la classe politique mieux informées sur les manquements des services de renseignements américaines ont réagi plus sagement, dans le sens voulu par Poutine. Le 9 mars 4 Senateurs ont publie sur ses websites du Sénat, une lettre ouverte à Rex Tillerson, à ce moment encore le Sécrétaire d’Etat dans lequel ils lui demandent de rouvrir les pourparlers avec les russes sur limitations des armements le plutot possible.

Il faut souligner l’importance de deux signataires:  Senateur Dianne Feinstein (democrat) de Californie et Senateur Bernie Sanders (indépendent) de Vermont. Tous les deux ont été critiques sévère de l’administration Trump, promoteurs des accusations contre lui de collusion avec le Kremlin lors de la campagne électorale de 2016, critiques de chaque contacte avec les diplomates russes à Washington comme l’ancien ambassadeur Serguei Kislyak, par exemple. Maintenant la mélodie est tout à fait différent. Encore il faut savoir, que Dianne Feinstein était durant 7 ans présidente du comité de renseignments dans le Sénat et reste encore membre. Elle sait mieux que les autres ce que nous savons sur la Russie et ne savons pas.

Vous probablement n’avez pas entendu quelque chose de cette lettre, parce que dans la presse européenne comme dans la presse américaine pas de mention de ce sujet. C’est comme si la nouvelle est tombé dans un trou noir.

 Même le Président des Etats-Unis a finalement entendu ce que disait Poutine sur la parité nucléaire et dans son appel téléphonique au Kremlin juste après les èlections pour fèliciter Vladimir Vladimirovitch de sa victoire il disait: “j’espère que nous nous rencontrons dans l’avenir court pour parler des armements. La situation est devenu hors de contrôle.” Je cite l’article de tête du New York Times dans son édition internet les premières heures après l’annonce de la Maison Blanche à ce sujet. Mais quelques heures plus tard, cette mention était supprimé et remplacé par un rapport sur l’avis de les conseillers de Trump de ne pas téléphoner Poutine, de ne pas saluer sa victoire que Trump n’a pas suivi. Voilà le degré de censure de nos jours dans l’Occident.

Lors de cette évolution de pensée envers la Russie pars certaines personnes politiques que je juge positive, un Plan B très negatif était mis en oeuvre par les services qui vraiement dirige les affaires aux Etats-Unis et en Angleterre.  Ici l’attaque sur les Skripals à Salisbury, prétexte pour l’expulsion coordinée des diplomates russes juste avant les élections présidentielles et les préparations pour l’attaque chimique fictive à Douma, en Syrie, prétexte pour les missiles de croisière lancées par les alliés le 14 avril.

Les deux événements ont exactement le même objectif:  de persuader tout le monde que la Russie est un pays paria, avec un programme illicite des armes chimiques pour effectuer des assassinats et que la Russie supporte un régime syrien qui tue ces citoyens en utilisant des armes chimiques bannis.  Discréditer, délegitimation de la Russie par tous moyens possibles pour lui punir et créer des conflits entre le régime Poutine et le peuple russe, voilà les cibles.

Est-ce que le discours de Poutine du 1 mars a provoqué une réponse americaine de ce genre pour mettre le mauvais écolier dans sa place? Je crois que non.

Encore fin 2017 les russes ont signalé publiquement qu’ils attendent quelque méchanceté de la part des américains pour influencer les élections du 18 mars.  Juste avant Noël, Herman Gref, prësident de Sberbank, le plus grand banque de la Russie, personne sympathisant de l’Occident dans le cercle Poutine, sage, qui choisit très attentivement ses paroles a donné un interview au Financial Times dans lequel il disait le suivant:  nous attendons quelque démarche scandaleuse des américaines, comme par exemple expulsion de SWIFT, et si ceci arrive, alors notre riposte sera très robuste. Dans ces circonstances la première Guerre Froide va ressembler un jeu d’enfants par comparaison.

Avec le lancement américain, français et brittanique des missiles de croisière contre Syrie la nuit de 13 – 14 avril nous avons franchi un nouvel étape de risqué dans la confrontation Est-Ouest. On peut très legerement passer d’une guerre froide en guerre chaude, voir tres vite nucleaire par malentendu des partis qui ont limité strictement les liens de communications entre eux et qui n’ont pas grande confiance ni dans la bonne volonté ni dans le bon sens de l’autre côté. Je vois un dédain marqué chez les uns comme chez les autres.

C’est pourquoi je dis ce soir qu’il ne faut pas essayer d’attribuer responsabilité pour la confrontation entre la Russie, les Etats-Unis et l’Europe, parce que si l’échange nucleaire commence par accidente ou par intention nous sommes tous morts, les innocents avec les culpables.

 

                                                PAUSE  POUR LES QUESTIONS

 

© Gilbert Doctorow, 2018

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Gilbert Doctorow is an independent political analyst based in Brussels. His latest book, Does the United States Have a Future? was published on 12 October 2017. Both paperback and e-book versions are available for purchase on www.amazon.com and all affiliated Amazon websites worldwide. See the recent professional review  http://theduran.com/does-the-united-states-have-a-future-a-new-book-by-gilbert-doctorow-review/    For a video of the book presentation made at the National Press Club, Washington, D.C. on 7 December 2017 see  https://www.youtube.com/watch?v=ciW4yod8upg

 

 

 

 

 

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